
© Jack Garofalo
Le 13 juillet 2009
C’est dans le décor shakespearien de l’antique forteresse de Caernarfon que le fils aîné d’Elisabeth II d’Angleterre vient d’être intronisé prince de Galles. A genoux devant sa Reine : « Moi, Charles, prince de Galles, je me proclame votre homme lige d’âme et de corps et je m’engage par ma foi et mon honneur à vous servir jusqu’à la mort. » C’est la formule qu’il prononce, les mains jointes entre celles d’Elisabeth II. Auparavant, elle lui avait remis les attributs de sa nouvelle dignité : épée, anneau, sceptre, collier et couronne. Charles reprend la devise saxonne « Ish dien » (je sers), que le Prince noir, second prince de Galles, avait lui-même prise au roi de Bohême Jean l’Aveugle, tué à la bataille de Crécy, où, en 1346, Edouard III battit Philippe VI de France.
Dans la cour intérieure de la forteresse se pressent 4 000 invités. C’est ici qu’Edouard Ier fit reconnaître par surprise le premier prince de Galles. Les barons gallois ayant accepté d’admettre pour chef un homme « né dans le pays et ne parlant pas anglais », il leur avait alors présenté sur un bouclier son fils nouveau-né. Charles, investi, a prononcé sa première allocution en gallois. C’est un triomphe. Il se tourne vers sa mère qui lui sourit enfin. Elle avait eu jusque-là un visage grave et soucieux. Elle craignait pour Charles les pièges du cérémonial. Mais il reste encore à affronter les 250 000 personnes qui attendent le long des rues de Caernarfon. Une foule dans laquelle ont pu se cacher des porteurs de bombes de l’armée secrète galloise qui a proféré des menaces. Il n’y aura pas d’incident.
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