lundi 24 février 2014

VIKTOR IOUCHTCHENKO ( Président 2005 - 2010 )

Viktor Iouchtchenko (Віктор Ющенко)Prononciation du titre dans sa version originale Écouter, né le 23 février 1954 à Khoroujivka (Soumy, RSS d'Ukraine), est un homme d'État ukrainien.
Premier ministre de 1999 à 2001 et chef de la coalition politique Notre Ukraine, il est le leader de la révolution orange qui le conduit au pouvoir lors de l'élection présidentielle de 2004, où il bat le Premier ministre sortant Viktor Ianoukovytch.

Troisième président d'Ukraine du 23 janvier 2005 au 25 février 2010, Viktor Iouchtchenko ne parvient pas à résoudre les problèmes économiques et sociaux ; jugé responsable d'une forte vague de déception par le Peuple ukrainien, après un premier mandat présidentiel marqué par une forte rivalité avec Viktor Ianoukovytch et Ioulia Tymochenko, qui furent deux de ses Premiers ministres, Viktor Iouchtchenko est battu dès le premier tour lors du scrutin de 2010.
Son visage est abîmé par une forme extrême d'acné provoquée par une intoxication. Il existe une controverse sur les causes de cette intoxication, plusieurs expertises confortant la thèse d'une tentative d'empoisonnement à la dioxine.



En 2002, Iouchtchenko devient chef de la coalition politique Notre Ukraine, qui remporte plusieurs sièges au Parlement lors des élections cette même année. Cependant, faute d'un nombre suffisant de sièges pour obtenir une majorité, ses efforts pour former une coalition échouent.
Iouchtchenko demeure le chef du groupe Notre Ukraine, et à partir de cette période il est en général considéré comme le chef de l'opposition, car les autres partis d'opposition sont moins influents et moins représentés au Parlement.
Iouchtchenko est marié à Kateryna Iouchtchenko-Tchoumatchenko (sa seconde épouse). Née à Chicago, dans une famille d'origine ukrainienne, il s'agit d'une citoyenne américaine. Ancienne fonctionnaire du Département d'État des États-Unis, elle a été accusée par les opposants de Iouchtchenko, apparemment sans preuves, de servir d'agent d'influence du gouvernement américain auprès de son mari, en étant un agent en activité de la CIA.
L'ascension vers la présidence[modifier | modifier le code]

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Après l'abandon de ses fonctions de Premier ministre, Iouchtchenko est devenu un chef politique populaire auprès des Ukrainiens. Entre 2001 et 2004, dans les sondages, sa popularité était bien plus élevée que celle du président de l'époque, Leonid Koutchma.
En 2004, à l'approche du terme du mandat du président sortant Koutchma, Iouchtchenko se déclare candidat « indépendant » au poste de président de la République. Son principal rival est le Premier ministre Viktor Ianoukovytch.
Depuis qu'il a occupé les fonctions de Premier ministre, Iouchtchenko a modernisé sa plate-forme politique, en ajoutant des projets de partenariats sociaux et d'autres idées libérales aux idées traditionnelles de l'intégration européenne, dont, en particulier, la volonté de combattre la corruption.
Les partisans de Iouchtchenko se sont organisés au sein la coalition électorale Syla Narodou (« Pouvoir au peuple »), qui est conduite par Iouchtchenko et par sa nouvelle alliée politique, Ioulia Tymochenko, la coalition « Notre Ukraine » formant la principale force constituante.
La campagne politique de Iouchtchenko est construite sur le dialogue direct avec les électeurs, car le gouvernement empêche la plupart des principales chaînes de télévision d'accorder un temps de parole équitable aux candidats, alors que son rival Ianoukovytch apparaît fréquemment dans les actualités télévisées. La campagne se déroule de manière souvent houleuse et virulente, avec des accusations de coups bas des deux côtés.


Président de l'Ukraine (2005-2010)

Viktor Iouchtchenko prête serment sur la Constitution de l'Ukraine, devenant le troisième président du pays, le 23 janvier 2005, devant la Rada, à Kiev.
Le plus difficile pour le nouveau président de la République est de former un gouvernement d'union nationale, de combattre l'importante corruption qui mine le pays, et de se rapprocher de l'Union européenne sans dégrader ses relations avec la Russie. D'ailleurs, c'est en Russie que le nouveau président effectue sa première visite officielle, le 24 janvier 2005, de manière à montrer que, malgré les différends, l'Ukraine reste tout de même proche de la Russie.
Le 4 février, Ioulia Tymochenko, élue par 373 députés — pour une majorité requise de 226 députés —, devient le nouveau Premier ministre. Elle est remplacée par Iouriï Iekhanourov le 8 septembre 2005 (nomination ratifiée par 289 voix le 22 septembre).
À partir du 4 août 2006, Viktor Iouchtchenko cohabite avec son ancien rival Viktor Ianoukovytch, qui accepte le poste de Premier ministre après la victoire de son camp lors d'élections législatives anticipées, provoquées par les tensions persistantes au sein de la majorité issue de la révolution orange dues au renvoi de Ioulia Tymochenko.
Le 3 avril 2007, le président Iouchtchenko décide de dissoudre le Parlement et d'organiser de nouveau des élections législatives anticipées, fixées au 27 mai 200714.
Cette décision est contestée devant la Cour constitutionnelle par Ianoukovytch, jugeant que le président ne peut dissoudre le Parlement sans motif valable. Le 25 avril, Iouchtchenko annonce à la télévision qu'il reporte les élections au 24 juin 200715.
Il démet ensuite deux juges de la Cour constitutionnelle de leurs fonctions ; Ianoukovytch réagit en critiquant là encore une décision contraire à la Constitution16.

Une cohabitation difficile avec Ioulia Tymochenko

Les élections législatives de 2007 donnent la victoire au Parti des régions de Ianoukovytch, mais les « forces pro-occidentales » de Notre Ukraine et du Bloc Ioulia Tymochenko s'allient pour former un gouvernement de coalition. Tymochenko redevient Premier ministre au terme de procédures parlementaires laborieuses, les deux groupes ne disposant que d'un siège de plus que la majorité absolue à la Verkhovna Rada. Les relations tendues qu'entretiennent le président et son Premier ministre sont le point de départ de la crise parlementaire de septembre 2008.
Les services de la présidence vont alors accuser Ioulia Tymochenko d'avoir trahi l'intérêt national pour servir ses ambitions personnelles17. Le 2 septembre, après des semaines de tensions exacerbées par des divergences concernant l'attitude à adopter face au conflit russo-géorgien, la coalition entre le Bloc Tymochenko et Notre Ukraine, le parti présidentiel, vole en éclats à l'occasion d'une réforme constitutionnelle visant à réduire les pouvoirs du chef de l'État au profit de ceux du gouvernement18. Les députés de Notre Ukraine sont alors pratiquement les seuls à s'opposer à la promulgation de la loi, massivement approuvée par l'opposition et par le Bloc Tymochenko18.
Accusée par le secrétaire-général adjoint de Viktor Iouchtchenko de vouloir s'assurer le soutien de la Russie pour la prochaine élection présidentielle17, Ioulia Tymochenko s'emploie à mettre en œuvre tous les moyens juridiques à sa disposition pour empêcher une nouvelle dissolution de la Rada, préférant chercher à former une nouvelle coalition. Cette crise aboutit début décembre 2008, après des mois de procédures juridiques et de négociations, à la formation d'une nouvelle coalition plus large, incluant les 20 députés du Bloc de Volodymyr Lytvyn, redevenu président de la Rada, et maintenant Mme Tymochenko à la tête du gouvernement19. Bien que M. Lytvyn ait promis que la législature irait jusqu'à son terme, en 2012, l'organisation d'élections législatives anticipées n'est pas exclue.

L'élection présidentielle de 2010
Briguant un second mandat à l'élection présidentielle de 2010, le président Iouchtchenko, tenu pour responsable d'une forte vague de déception et de désillusion au sein de l'opinion publique, est éliminé dès le premier tour avec un score de 5,45 % des voix21. Cette élimination sévère est le résultat d'une politique jugée décevante par le peuple ukrainien, qui ne voyait désormais en Iouchtchenko que le héros de la Révolution orange de 2004 ; par ailleurs, le mandat du président sortant a été entaché par une rivalité sans fin avec son Premier ministre, Ioulia Tymochenko.
Affirmant son souhait de rester actif en politique malgré sa défaite21, il refuse de donner une consigne de vote en vue du second tour, le 7 février, qui voit s'affronter Viktor Ianoukovytch et Ioulia Tymochenko, les accusant tous deux de vouloir organiser un rapprochement avec la Russie. Moscou avait d'ailleurs annoncé sa préférence pour Ioulia Tymochenko par rapport à M. Iouchtchenko22, mais sans la soutenir toutefois.
Le mandat présidentiel de Viktor Iouchtchenko s'achève le 25 février 2010, au moment où Viktor Ianoukovytch prête serment au Parlement.
Après la présidence[modifier | modifier le code]
Viktor Ioutchenko vit actuellement dans le quartier de Koncha-Zaspa, à Kiev, la capitale, où il dispose d'une villa de fonction et d'un bureau en tant qu'ancien président de la République. En février 2011, Viktor Iouchtchenko affirme travailler à l'écriture d'un ouvrage portant sur la Révolution orange et sa victoire à la présidence de la République en 2005.
Le 17 août 2011, plus d'un an après avoir quitté le pouvoir, l'ancien président Iouchtchenko est entendu au tribunal de Kiev, en qualité de témoin, au procès de son ancien Premier ministre Ioulia Tymochenko, accusée d'abus de pouvoir et de corruption. Durant son audition, l'ancien président de la République affirme que Ioulia Tymochenko aurait, en 2009, passé avec le président du gouvernement russe Vladimir Poutine « un accord politique » concernant le gaz dont « les répercussions, extrêmement dommageables, se feront encore sentir dans neuf ans »23. Ioulia Tymochenko refuse de contre-interroger Viktor Iouchtchenko, ne souhaitant « pas que ce procès soit celui de la Révolution orange » et n'ayant « aucune envie de donner un tel plaisir » à l'actuel président, Viktor Ianoukovytch.

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